Rave party : stop à la politique de l’autruche

Alors que se déroule actuellement illicitement le Teknival 2016 à Salbris, dans le Loir-et-Cher, alors que des milliers de jeunes y sont rassemblés en toute illégalité, se pose le problème de la reconnaissance des rave party ou free party, 25 ans après leur création.

Le viticulteur que je suis, l’élu du rural que je suis et le sénateur de l’Hérault que je suis devenu, n’a aucune affinité avec ce mouvement. Pourtant, de façon pragmatique, je ne peux accepter sans réagir que :
-des maires subissent « la roulette russe » et doivent improviser la gestion de manifestations totalement illégales (sécurité, salubrité et coûts de nettoyage assumés par des petites communes rurales aux budgets contraints)
-des populations subissent des nuisances sonores
-des jeunes ne puissent en toute légalité se réunir pour écouter de la musique et danser

Il y a de la part des pouvoirs publics un renoncement, une démission face à nos responsabilités, qui me heurtent. Arrêtons la politique de l’autruche !

C’est pourquoi depuis un an, j’ai rencontré toutes les parties prenantes pour essayer d’instaurer un dialogue :

Rendez-vous au Ministère de l’Intérieur, au Ministère de la Jeunesse et des Sports, réunion avec le sous –préfet de Béziers, des maires, la présidente des maires ruraux de l’Hérault, Laure Tondon, et le député Frédéric Roig, réunion avec les collectifs d’organisation de free party de l’Hérault…
Ce travail je ne le mène pas seul : aux côtés de l’association de Médiation Freeform et de son directeur Samuel Raymond, aux côtés des élus du groupe que j’ai initié « Retrouvons le sens des Ruralités ».
Objectifs : co construire un cahier des charges pour que les dizaines de rave party –qui ont lieu de toute façon illicitement depuis 20 ans dans nos communes héraultaises- aient un minimum de normes pour protéger à la fois les jeunes qui y participent et les habitants.
Et contrairement à ce qui est dit, les collectifs sont favorables à un dialogue et à des conditions d’organisation conciliables avec la tranquillité des habitants.
La semaine prochaine, je vais envoyer une enquête aux 343 maires de l’Hérault pour identifier de façon précise les freins à ces manifestations et pour établir des pistes d’actions avec les collectifs.Des réunions sur le terrain avec les services de sécurités, les représentants de l’État, les maires… seront organisées encore.

Au niveau législatif, la loi de 2001 est ambigüe et floue: une déclaration en préfecture est obligatoire (les mesures envisagées pour garantir la sécurité, l’hygiène, la salubrité et la tranquillité publiques doivent être stipulées) + une autorisation du propriétaire du lieu. Le Décret de 2002 a limité cette obligation aux rassemblements de plus de 500 personnes.

Mais lorsque cette déclaration est anticipée par les organisateurs, elle se heurte systématiquement à l’opposition des élus qui cèdent à la pression des populations.

Donc sur le terrain, seule la concertation, seul le dialogue peuvent parvenir à une compréhension réciproque.

Dans ma réunion avec les collectifs héraultais, j’y ai rencontré des fonctionnaires, un boucher, un jardinier, un agriculteur, des étudiants… conscients des risques qu’ils prennent et de l’image négative qu’ils véhiculent.

Le courage politique doit nous faire assumer nos responsabilités d’élus.

Je suis persuadé que nous devons gérer ce problème car il ne va pas disparaître mais s’amplifier.

Les enjeux de sécurité, de salubrité sont trop importants pour que nous démissionnions de façon collective. Faut-il attendre qu’il y ait un drame pour réagir ?