Les agriculteurs face à l’urgence d’une véritable vision stratégique

12 décembre 2025:

Aujourd’hui, en séance publique, j’ai tenu à commencer mon intervention par un message de solidarité envers les éleveurs frappés par la fièvre catarrhale ovine en Ariège et ailleurs. Le monde paysan montre sa solidarité, son inquiétude. L’abattage et la vaccination sont peut-être les seules solutions, mais nos éleveurs ont besoin d’être écoutés et surtout rassurés pour éviter le pire. J’ai rappelé que la responsabilité politique commence par poser les enjeux sans faux-semblants. Ils sont nombreux  environnementaux, santé publique, économiques, fonciers, renouvellement des générations et tous corrélés à notre souveraineté alimentaire. On use et on abuse du mot « souveraineté ». Pourtant, le défi est bien réel et anxiogène. Avec les annonces d’une guerre prochaine, la France doit nourrir sa population c’est quand même fondamental. Je ne peux m’empêcher de rappeler les mots justes de la ministre Annie Genevard à Rungis : « Le meilleur kit de survie pour les Français n’est ni une pile ni une clé de voiture, c’est une assiette. »

Le constat que j’ai dressé est implacable : quand on voit le niveau d’engagement de l’Europe pour son agriculture 0,39 % de son PIB  face à celui des États-Unis à 1,5% ou de la Chine  2 % , on peut légitimement penser que nous sommes bien isolés. J’ai posé la question centrale : Quelle vision à long terme avons-nous pour notre agriculture ?

J’ai remercié la ministre pour les fonds  dédiés à l’arrachage en viticulture, tout en l’appelant à convaincre nos homologues européens d’autoriser une distillation de crise.

En revanche, j’ai fustigé la diminution de plus de la moitié des crédits alloués à la planification écologique, déjà réduits l’année dernière. Rappelons-le : selon la Cour des comptes, un euro investi dans la prévention et l’adaptation, c’est jusqu’à trois euros – voire plus économisés dans la gestion de crise.

j’ai confié une lassitude. Une lassitude à écouter et réécouter les mêmes constats, les mêmes alertes de mes collègues qui témoignent de la détresse des agriculteurs sur leur territoire. Je suis triste de redire, de dire et de redire toujours les mêmes mots pour répondre aux mêmes maux. Ces maux ? Complexité administrative, iniquités des règles, concurrence déloyale. La France a perdu certainement la culture de la politique prospective. Nous naviguons à vue, de crise en crise, alors que nos agriculteurs ont besoin d’un cap clair et d’engagements tenus. j’ai conclu mon intervention par cette citation d’Antoine de Saint-Exupéry qui résume tout : « Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible.

Dans ce budget, je crois que nous n’avons pas les moyens de le rendre possible. Les arbitrages sont court-termistes, les ambitions trop timides, les renoncements trop nombreux. Pour autant, le RDSE ne votera pas contre ce budget.

Retrouvez la vidéo de la séance via ce lien:https://videos.senat.fr/video.5632082_693c146dd1fa2?timecode=19084000

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