Transition énergétique : stop au dogmatisme, place au pragmatisme !
Mardi 8 juillet 2025:
Aujourd’hui, en séance publique, j’ai interpellé le gouvernement sur la proposition de loi relative à l’accélération des procédures liées à la construction de nouvelles installations nucléaires. Si j’en comprends les objectifs, je déplore fermement l’examen chaotique de ce texte par l’Assemblée nationale.
« Absurde », « incohérent », « déséquilibré » : les mots ne manquent pas pour décrire ce débat parlementaire. Avec leur concours Lépine de l’amendement le plus dénué de sens, les députés ont presque donné raison à ce gouvernement qui a renoncé à soumettre son projet de loi de programmation sur l’énergie et le climat au Parlement par crainte de ne pas dégager de majorité.
Pendant ce temps, la trajectoire de décarbonation de la France a connu un ralentissement notable elle a baissé de 1,8 % en 2024 , la rendant incompatible avec l’objectif de neutralité carbone en 2050. Nous avons besoin d’un « sursaut collectif » pour relancer l’action climatique, avec une assise politique stable et des actions structurelles permettant de trouver l’équilibre entre ambition climatique, attractivité économique et justice sociale.
Nous ne pouvons continuer ces stop and go insupportables, sur fond de dogmatisme et d’électoralisme, alors que les acteurs du secteur de l’énergie réclament un signal politique clair. Or, que leur proposons-nous ? Un moratoire sur l’éolien terrestre ! Cette incapacité à débattre sereinement de la sortie des énergies carbonées est, au mieux, inquiétante, au pire, irresponsable.
RTE nous l’indique clairement : même dans son scénario le plus nucléarisé, le nucléaire n’assurerait que 50 % du mix électrique. L’atteinte de la neutralité carbone nécessitera, dans tous les cas, un déploiement significatif des énergies renouvelables. À l’inverse, se passer totalement du « nouveau nucléaire » ajouterait une contrainte très forte : les rythmes de développement devraient alors dépasser largement ceux observés au cours des dix dernières années.
Les scénarios « 100 % renouvelable » nous poseraient un défi considérable, tant sur les plans financier et industriel qu’en termes d’acceptabilité sociale. C’est pourquoi notre décarbonation et notre souveraineté énergétique passeront par plus de sobriété et d’efficacité, autant que par un déploiement de tous les types d’énergies décarbonées.
Nous avons besoin d’une complémentarité entre nucléaire et énergies renouvelables. Se priver de l’une de ces filières reviendrait à exercer davantage de pression sur les autres, tout en nous rendant plus vulnérables à un aléa qui toucherait l’une d’entre elles.
Le groupe RDSE, dont le vote était déjà partagé en première lecture, attendra la fin de l’examen du texte avant de se positionner. Espérons que ce court-termisme électoral, déguisé en prétendu « bon sens », ne triomphera pas de nos débats et qu’au contraire nous parviendrons à établir une trajectoire énergétique ambitieuse et cohérente qui protégera les Français des dangers du changement climatique.
Retrouvez mon intervention en vidéo:https://videos.senat.fr/video.5535688_686d02efc6f83.seance-publique-du-8-juillet-2025-apres-midi?timecode=5442399


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